la paresse savoureuse de ton ventre sur mes hanches
l’envie délicieuse de ta tête encore qui se penche
la bouche ouverte après l’ivresse immédiate
qui s’appelle toi sous moi et nos sens qui éclatent
Nous sommes les acrobates d’une nuit quelque fois
Jamais les amants tragiques esclaves de notre mauvaise foi
Tu ne m’aimes pas
Je ne serais pas demain, hier n’existe pas
Je suis la folie passagère de ton cortex reptilien,
Le reflex oublié de tes envies “va et vient”,
Le pays de ta chair contra une frustration en moins,
La jouissance de mes doigts sur ton genre féminin
Tu ne m’aimes pas
Je ne serais pas demain, hier n’existe pas
Mon coeur trop petit s’est penché un jour amoureusement
Au dessus de ton front, dans la chair de ton cou
d’une gifle sans prévention, vite remis à genoux
Il est venu s’écraser aux pieds des regardants
Ses voyants ans regard qui peuplent tes cauchemars de bienséance
Ses imbéciles malheureux ivres jusqu’aux ongles de vengeance
Ne t’inquiètes plus, les rideaux de tes nuits n’ont plus besoin d’être épais
Les curieux n’auront plus rien à épier bientôt, je m’en vais
Garde bien leur considération
hors à présent des qu’en dira-ton
étouffe toi avec tes regrets
il m’importe peu, je m’en vais
Je ne t’aime pas
Demain m’appartient, hier n’existe pas
J’aime avec entêtement le pays de sa chaire.
J’aime a me rassasier à la source de ses sens, au creux des plaines de son ventre et grimper ensuite avec ma bouche en haut des montagnes qui triomphent sur son buste. Là, j’aime à me reposer un instant, reprendre mon souffle puis glisser dans les sillages de son cou, m’y accrocher un temps avec les dents et enfin me noyer, ivre, dans les ondes de ses cheveux. Je me réveillerais plus tard, quand ses lèvres m’auront insuffler assez de désir pour entreprendre à nouveau le voyage. Je ne m’en lasse jamais, j’y trouve toujours de nouvelles nuances pour satisfaire ma curiosité et nourrir mon envie. Je ne saurais m’y perdre: toujours la constellation qui court sur sa peau me rattrapera dans mes égarements.
J’aime avec entêtement le pays de sa chaire.
Depuis hier, depuis qu’on lui a dit qu’elle ressemblait a quelqu’un qu’on connaissait, elle ne se sent plus entière. Plus elle y réfléchis, plus il lui semble d’être la multiplication interminable de plusieurs êtres entre lesquels il n’y a rien ou bien juste elle, son neutre, son personnage gris. Ca lui donne le vertige et son impression grandit deux fois plus vite quand elle compte le nombre de personnes qu’elle a été. Elle n’a pas été enfant assez longtemps, c’est ce qu’elle pense. Elle n’a pas pris le temps de devenir vieille, elle a grandit d’un coup, avec une gifle. Ca l’a fait trembler des pieds jusqu’à la tête pendant des mois et peut-être cet raisonnante est la cause de sa duplication. De son âge elle n’a gardé que la peur du noir et l’amour des bonbons acidulés qui coupe la langue. Son dos n’est pas bien droit et souvent quand elle marche elle trébuche parce que ses pieds se regardent droit dans les yeux depuis toujours. Elle est maladroite.
Depuis hier, depuis qu’on lui a dit qu’elle ressemblait à quelqu’un qu’on connait, la fille qui me regarde quand je me brosse les cheveux dans le miroir se trouve creuse. Elle qui n’a jamais cherché qu’à se plaire à elle-même, elle trouve injuste qu’une autre lui ait voler l’idée.
Je ne saurais pas saisir avec des mots ce qui m’émeut le plus.
Il me faudrait de la musique, des pastels, des épices, du gingembre jusqu’au sucre, une voix rauque, du parfum & puis tout ce qui mène à l’ivresse.
Tribulations épileptiques d’un caniche ivre de spleen
Pléonasmes plombants d’un officier de marine
Sarcasmes polis d’un trublion amoureux
Sifflements persuasifs d’un imbécile heureux
Tremblements spasmodiques d’une veuve en rute
Accouchement terrible dune sombre pute
Nuances savoureuse d’un livre ancien
Cris électriques d’un joyeux cretin
Aphorismes néfastes du fils du pape
Toussotements déchirants du trou d’la soupape
Hurlements sourds d’une ivrogne en permission
Insultes doucereuses d’un coquet nourrisson
Masturbation spécifique d’une jeune none
Bousculades tendres des paroles d’une conne
Caresses interdites du cou jusqu’aux chevilles
Gémissements percutants d’une girouette en vrille
Affichage scandaleux d’un rêve tremblotant
Sévices répètés d’un monde d’innocents
Joie innée d’un pervers en cavale
Questionnements frénétiques d’un homme banal
Ivresse forcée d’une ancienne vierge
Spéculations grandioses du poseur de cierges
Hésitations vicieuses d’un amant percutant
Frustrations accélérées d’un fasho palpitant
Procrastination castratrice d’un bègue comédien
Humiliations joviales d’un hindou canadien
justifications hybrides d’un muet fanatique
Larmes pesantes d’un daltonien dyslexique
Fumisterie épisodique d’un martien circassien
Singeries abstraites du neveu d’un vieil arien
Loubarderies hygiéniques d’un philatéliste
Pachidermisme du frère arthritique de l’unijambiste
Il n’y a rien de plus vertigineux qu’une nuit dense à laquelle on ne parvient pas à se mélanger.
Seul ou accompagné, au fond, c’est le même discours.
Quoiqu’il arrive, on est toujours en compagnie de soi.
Et c’est souvent pire d’être avec moi que contre toi, de nous à vous je le dis comme si, comme ça.
Certainement, le plus effrayant, c’est de ne pas faire partie du bruit.
Faire partie des autres: le murmure grandissant des choses qu’on ne vit pas.
Elle avait cette manie délicate de faire papillonner ses doigts le long des rembardes du grand escalier…comme si elles avaient été les touches d’un piano invisible.
Je vais avoir 20 ans la veille de la fin de notre monde. Je dis “notre monde” parce que ce qui, semblerait, va disparaître, ce ne sera rien d’autre que le monde qu’on a connu, celui qu’on a habité comme étant le nôtre, notre propriété…Les autres, qui existent peut-être, ceux-là n’ont pas prévu de disparaître, au moins pas le lendemain de mes 20 ans.
(c’est un peu présomptueux de dire ça comme de cette façon, mais j’aime bien)
A 20 ans, Rimbaud avait déjà écris plusieurs recueils de poésie & pratiquement tous ces autres que j’admire avaient la moitié d’un chef d’oeuvre au bout de chaque doigts…
Je vais avoir 20ans & j’ai la sensation de ne pas avoir fait tout ce que j’aurais aimé avoir fait.
Si je n’ai pas produis grand chose, j’en ai vécu beaucoup d’autres.
En 20ans sur terre, j’ai grandis d’environs 1m10, j’ai appris à parler, à lasser mes chaussures, à lire à l’envers, à faire des bulles avec mon chewing-gum, à aimer des livres sans images, à pleurer devant des images sans mot, à tricher sans me faire prendre, à aimer et être aimée, à cuire des pâtes, à ne pas brûler les oeufs, à sauter sur un pied, à dormir seul sans avoir peur du noir, à être profondément triste, à piquer d’énormes colères, à rire aux éclats, à épeler ornithorynque, à marcher côte à côte avec un ami sans parler, à trembler de plaisir, à consommer mon spleen, à vivre l’ivresse, à faire des ronds avec la fumée de cigarette, à vivre hors de moi, à trouver les choses injustes, à refuser qu’on m’embrasse, à gagner la confiance de quelqu’un, à survivre aux déceptions, à accepter que ni saint Nicolas ni père Noël ne pouvaient raisonnablement faire le tour du monde en un soir seulement…
J’ai trois cicatrices, deux trous dans mes oreilles, un symbole babylonien tatoué au creux de la nuque, une billion de grains de beauté, des ongles rongés, quatre restes de fractures & une dent de lait.
Enfin, j’dis ça…