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#Sing

la paresse savoureuse de ton ventre sur mes hanches 

l’envie délicieuse de ta tête encore qui se penche 

la bouche ouverte après l’ivresse immédiate 

qui s’appelle toi sous moi et nos sens qui éclatent 

Nous sommes les acrobates d’une nuit quelque fois 

Jamais les amants tragiques esclaves de notre mauvaise foi 

Tu ne m’aimes pas

Je ne serais pas demain, hier n’existe pas  

Je suis la folie passagère de ton cortex reptilien,

Le reflex oublié de tes envies “va et vient”,

Le pays de ta chair contra une frustration en moins,

La jouissance de mes doigts sur ton genre féminin

Tu ne m’aimes pas

Je ne serais pas demain, hier n’existe pas

Mon coeur trop petit s’est penché un jour amoureusement

Au dessus de ton front, dans la chair de ton cou 

d’une gifle sans prévention, vite remis à genoux

Il est venu s’écraser aux pieds des regardants 

Ses voyants ans regard qui peuplent tes cauchemars de bienséance

Ses imbéciles malheureux ivres jusqu’aux ongles de vengeance

Ne t’inquiètes plus, les rideaux de tes nuits n’ont plus besoin d’être épais

Les curieux n’auront plus rien à épier bientôt, je m’en vais 

Garde bien leur considération

hors à présent des qu’en dira-ton

étouffe toi avec tes regrets

il m’importe peu, je m’en vais 

Je ne t’aime pas

Demain m’appartient, hier n’existe pas 

J’aime avec entêtement le pays de sa chaire.

J’aime a me rassasier à la source de ses sens, au creux des plaines de son ventre et grimper ensuite avec ma bouche en haut des montagnes qui triomphent sur son buste. Là, j’aime à me reposer un instant, reprendre mon souffle puis glisser dans les sillages de son cou, m’y accrocher un temps avec les dents et enfin me noyer, ivre, dans les ondes de ses cheveux. Je me réveillerais plus tard, quand ses lèvres m’auront insuffler assez de désir pour entreprendre à nouveau le voyage. Je ne m’en lasse jamais, j’y trouve toujours de nouvelles nuances pour satisfaire ma curiosité et nourrir mon envie. Je ne saurais m’y perdre: toujours la constellation qui court sur sa peau me rattrapera dans mes égarements. 

J’aime avec entêtement le pays de sa chaire. 

Depuis hier, depuis qu’on lui a dit qu’elle ressemblait a quelqu’un qu’on connaissait, elle ne se sent plus entière. Plus elle y réfléchis, plus il lui semble d’être la multiplication interminable de plusieurs êtres entre lesquels il n’y a rien ou bien juste elle, son neutre, son personnage gris. Ca lui donne le vertige et son impression grandit deux fois plus vite quand elle compte le nombre de personnes qu’elle a été. Elle n’a pas été enfant assez longtemps, c’est ce qu’elle pense. Elle n’a pas pris le temps de devenir vieille, elle a grandit d’un coup, avec une gifle. Ca l’a fait trembler des pieds jusqu’à la tête pendant des mois et peut-être cet raisonnante est la cause de sa duplication. De son âge elle n’a gardé que la peur du noir et l’amour des bonbons acidulés qui coupe la langue. Son dos n’est pas bien droit et souvent quand elle marche elle trébuche parce que ses pieds se regardent droit dans les yeux depuis toujours. Elle est maladroite. 

Depuis hier, depuis qu’on lui a dit qu’elle ressemblait à quelqu’un qu’on connait, la fille qui me regarde quand je me brosse les cheveux dans le miroir se trouve creuse. Elle qui n’a jamais cherché qu’à se plaire à elle-même, elle trouve injuste qu’une autre lui ait voler l’idée. 

Je ne saurais pas saisir avec des mots ce qui m’émeut le plus.

Il me faudrait de la musique, des pastels, des épices, du gingembre jusqu’au sucre, une voix rauque, du parfum & puis tout ce qui mène à l’ivresse.

Under construction

Tribulations épileptiques d’un caniche ivre de spleen 

Pléonasmes plombants d’un officier de marine

Sarcasmes polis d’un trublion amoureux 

Sifflements persuasifs d’un imbécile heureux

Tremblements spasmodiques d’une veuve en rute 

Accouchement terrible dune sombre pute

Nuances savoureuse d’un livre ancien 

Cris électriques d’un joyeux cretin 

Aphorismes néfastes du fils du pape 

Toussotements déchirants du trou d’la soupape

Hurlements sourds d’une ivrogne en permission 

Insultes doucereuses d’un coquet nourrisson 

Masturbation spécifique d’une jeune none 

Bousculades tendres des paroles d’une conne 

Caresses interdites du cou jusqu’aux chevilles

Gémissements percutants d’une girouette en vrille 

Affichage scandaleux d’un rêve tremblotant 

Sévices répètés d’un monde d’innocents 

Joie innée d’un pervers en cavale 

Questionnements frénétiques d’un homme banal 

Ivresse forcée d’une ancienne vierge 

Spéculations grandioses du poseur de cierges

Hésitations vicieuses d’un amant percutant

Frustrations accélérées d’un fasho palpitant

Procrastination castratrice d’un bègue comédien 

Humiliations joviales d’un hindou canadien 

justifications hybrides d’un muet fanatique 

Larmes pesantes d’un daltonien dyslexique 

Fumisterie épisodique d’un martien circassien 

Singeries abstraites du neveu d’un vieil arien 

Loubarderies hygiéniques d’un philatéliste 

Pachidermisme du frère arthritique de l’unijambiste 

J’ai plaisir à te dire que la nuit sera longue a devenir demain

Il n’y a rien de plus vertigineux qu’une nuit dense à laquelle on ne parvient pas à se mélanger. 

WE

Seul ou accompagné, au fond, c’est le même discours. 

Quoiqu’il arrive, on est toujours en compagnie de soi. 

Et c’est souvent pire d’être avec moi que contre toi, de nous à vous je le dis comme si, comme ça. 

Certainement, le plus effrayant, c’est de ne pas faire partie du bruit. 

Faire partie des autres: le murmure grandissant des choses qu’on ne vit pas. 

Mlle

Elle avait cette manie délicate de faire papillonner ses doigts le long des rembardes du grand escalier…comme si elles avaient été les touches d’un piano invisible.

Joie yeux âne nid verre cerf

Je vais avoir 20 ans la veille de la fin de notre monde. Je dis “notre monde” parce que ce qui, semblerait, va disparaître, ce ne sera rien d’autre que le monde qu’on a connu, celui qu’on a habité comme étant le nôtre, notre propriété…Les autres, qui existent peut-être, ceux-là n’ont pas prévu de disparaître, au moins pas le lendemain de mes 20 ans. 

(c’est un peu présomptueux de dire ça comme de cette façon, mais j’aime bien) 

A 20 ans, Rimbaud avait déjà écris plusieurs recueils de poésie & pratiquement tous ces autres que j’admire avaient la moitié d’un chef d’oeuvre au bout de chaque doigts…

Je vais avoir 20ans & j’ai la sensation de ne pas avoir fait tout ce que j’aurais aimé avoir fait.

Si je n’ai pas produis grand chose, j’en ai vécu beaucoup d’autres.

En 20ans sur terre, j’ai grandis d’environs 1m10, j’ai appris à parler, à lasser mes chaussures, à lire à l’envers, à faire des bulles avec mon chewing-gum, à aimer des livres sans images, à pleurer devant des images sans mot, à tricher sans me faire prendre, à aimer et être aimée, à cuire des pâtes, à ne pas brûler les oeufs, à sauter sur un pied, à dormir seul sans avoir peur du noir, à être profondément triste, à piquer d’énormes colères, à rire aux éclats, à épeler ornithorynque, à marcher côte à côte avec un ami sans parler, à trembler de plaisir, à consommer mon spleen, à vivre l’ivresse, à faire des ronds avec la fumée de cigarette, à vivre hors de moi, à trouver les choses injustes, à refuser qu’on m’embrasse, à gagner la confiance de quelqu’un, à survivre aux déceptions, à accepter que ni saint Nicolas ni père Noël ne pouvaient raisonnablement faire le tour du monde en un soir seulement… 

J’ai trois cicatrices, deux trous dans mes oreilles, un symbole babylonien tatoué au creux de la nuque, une billion de grains de beauté, des ongles rongés, quatre restes de fractures & une dent de lait.

Enfin, j’dis ça…